PACK PAPIER HACKABLE 2016


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NFC & RFID en pratique !

Sur Arduino & Rsapberry Pi

· Comprenez enfin clairement ce que sont NFC et RFID !
· Utilisez les tags NFC avec votre Raspberry Pi
· Lisez et gérez vos tags avec votre Arduino
· Complétez votre trousse à outils avec des applications Android


SOMMAIRE :

Ardu'n'co
04 Gérez un récepteur GPS avec Arduino
16 Communication par lumière visible sur Arduino
24 Créer une horloge à aiguille originale : ampèremètre

En couverture
32 Découvrez la NFC et les tags RFID : le gros minimum à savoir
44 Quelles applications Android utiliser pour explorer RFID et NFC ?
50 Configurer proprement le support NFC sur Raspberry Pi
58 S'amuser avec les tags RFID/NFC sur une Raspberry Pi
66 Lisez vos tags NFC avec Arduino

Equipement
77 LiPo Rider Pro : l'autonomie solaire clé en main pour vos projets

Repère
86 Du code atomique dans vos croquis Arduino ?
92 Compilez un nouveau noyau pour votre Raspberry Pi

 

EDITO :

Souvent les choses qui paraissent les plus simples sont parmi les plus compliquées.

Je dirais même que ce qui rend les choses simples pour les uns, les complique souvent pour d’autres. Prenez l’USB par exemple, pour l’utilisateur c’est le rêve du plug’n’play (les anciens utilisateurs Windows 95 esquisseront sans doute un demi-sourire) devenu réalité... ou presque. Mais pour les programmeurs et amateurs d’électronique numérique, cela est bien plus délicat qu’une simple connexion série ou parallèle (là ce sera plutôt un sourire nostalgique).

Il en va de même avec la thématique principale de ce numéro. Les technologies NFC et RFID, souvent résumées sous l’appellation « sans contact », semblent simples d’utilisation, mais sous le capot c’est une tout autre affaire. Avant même de toucher du doigt la mise en pratique, il est indispensable de commencer par savoir de quoi on parle avec précision.

J’ai essayé de condenser cette première étape au mieux en la rendant la plus confortable et digeste possible, mais le coût de l’utilisation de ces technologies, le ticket d’entrée comme disent certains, n’est pas inexistant. Les perspectives cependant sont à la hauteur de l’effort à fournir, car bien entendu, je parle d’un coût en temps et en calories brûlées par nos adorables et espiègles petits (mais nombreux) neurones.

À cœur vaillant rien d’impossible ! Et je ne doute pas que, vaillants, vous devez l’être puisque, après tout, vous êtes lecteur du magazine et me supportez en guise de compagnon ou de guide pour vos explorations électroniques. Je vous invite donc, encore une fois, à me suivre à l’aventure pour découvrir de nouveaux horizons.

Madame, monsieur, je suis Denis, votre rédacteur en chef. L’ensemble de l’équipage a le plaisir de vous accueillir à bord de Hackable n°10 des Éditions Diamond à destination de NFC city. Les issues de secours sont situées de chaque côté du magazine, à l’avant, au centre, à l’arrière. Veuillez attacher et ajuster votre ceinture de sécurité. Nous vous souhaitons un très bon et captivant voyage... PNC aux portes, armement des toboggans, vérification de la porte opposée.

Denis Bodor

DOMOTIQUE

Pilotez l’aération de votre habitat !

  • Température et humidité : pourquoi automatiser la ventilation ?
  • Assemblez et configurez votre installation
  • Programmez la gestion de la VMC
  • Ajoutez une interface web de gestion

 


SOMMAIRE :

Actualités
p. 04 Raspberry Pi Zero : un port USB pas comme les autres

Ardu'n'co
p. 18 Créez un (dé)compteur géant multi-usage et stressant
p. 32 Utilisez des leds comme capteurs de lumière
p. 38 Créez une serrure à carte/tag RFID

En couverture
p. 50 Ventilation contrôlée par des framboises

Embarqué & informatique
p. 77 Gérez efficacement vos installations/désinstallations de logiciels dans Raspbian
p. 76 Gérez vos installations/désinstallations de logiciels dans Raspbian : les commandes avancées
p. 82 OctoPrint : transformez votre Raspberry Pi en serveur d'impression 3D

 

EDITO :

Mars, enfin ! Non, pas la planète, celle-ci est malheureusement encore hors de portée de nos bidouillages et autres projets qui n’ont, pour l’instant, aucune prétention spatiale. Je parle naturellement du mois et du changement de saison qui l’accompagne : le printemps ! Qui dit changement de saison dit implicitement changement d’habitudes en termes de gestion de son habitat. En dehors du traditionnel nettoyage de printemps, consistant pour ma part à simplement déplacer les choses que je ne jette pas (on sait jamais, ça peut servir), c’est l’occasion de prévoir des travaux et des projets en prévision de l’été, période plus chaude, voire caniculaire. Voilà précisément ce qu’ont fait Axelle et Ludovic Apvrille en se penchant sur la problématique de la gestion de l’aération de leur lieu de vie. L’objectif est simple : s’assurer le maintien d’un environnement sain, à la température et à l’hygrométrie contrôlées et, par la même occasion, réaliser des économies en profitant des conditions climatiques extérieures, fonctions des moments de la journée. Ils partagent donc ici avec nous leur installation basée sur le contrôle d’une VMC tout à fait standard par Raspberry Pi et un ensemble de configurations originales. Bien entendu, comme à son habitude, le magazine ne se contentera pas de ce seul sujet et explorera, encore une fois, bien des domaines de bien des façons. Mais je vous laisse découvrir cela par vous-même sans plus attendre, retournant pour ma part à la construction des projets qui peupleront les prochains numéros (quand ils se décideront à fonctionner correctement).

Denis Bodor

Créez votre borne   d’arcade !

... miniature à base de Raspberry Pi

· Construisez le boîtier
· Ajoutez un mini écran LCD
· Intégrez joystick et boutons
· Configurez le système et les émulateurs

 


SOMMAIRE :

Ardu'n'co
p. 04 Contrôlez une imprimante thermique avec une carte Arduino
p. 16 Générez et imprimez des QR codes avec une carte Arduino

En couverture
p. 28 DIY : créez votre micro borne d'arcade de A à Z

Radio & frequences
p. 52 Remplacer une télécommande à fréquence par un montage Arduino : collecte des données
p. 62 Remplacer une télécommande à fréquence par un montage Arduino : émulation et émission

Repère & science
p. 70 Nos amis les MOSFET
p. 84 Arduino : dois-je utiliser const ou #define ?

Embarqué & informatique
p. 88 Gardez une Raspberry Pi à jour sans Internet

 

EDITO :

Jouer peut prendre bien des formes !

Il est même parfois possible de combiner plusieurs types de jeux en une seule activité ou une série d’activités. Et c’est exactement ce que vous propose de faire l’article principal de ce numéro. En effet, au-delà de l’objet qu’est une mini borne d’arcade, offrant grâce à la Raspberry Pi un nombre incroyable de jeux, nous avons l’aspect ludique de la construction et de la configuration du système, l’article couvrant la réalisation dans son ensemble.

Mais on peut également voir cela dans le sens inverse. Personnellement, je ne compte plus les projets entamés et aboutis qui, une fois fonctionnels, voient leur avenir se résumer soit à un fonctionnement sans aucune intervention, soit pire encore, à un abandon dans un coin jusqu’à finir recyclé pour un autre projet. Il est souvent très amusant de conduire un projet à terme, en « butant » sur des problèmes, des imprévus et en trouvant pour chaque déconvenue une solution rapide, efficace et tantôt élégante. Mais une fois l’ensemble fonctionnel et utilisable, la magie semble se dissiper et on part souvent en quête d’une autre aventure technique, et de sa prochaine dose de dopamine.

Avec une borne d’arcade, ou toute autre réalisation à destination ludique, les choses sont différentes et la magie reste entière, car après des heures de construction viennent les heures de jeu...

Mais, à bien y regarder, tout ce numéro est, je trouve, bourré de jeux : analyser et reproduire le fonctionnement d’un émetteur « domotique », s’amuser à imprimer avec une carte Arduino, pousser l’Arduino UNO dans ses extrêmes en générant des QR codes, explorer le monde des MOSFET, garder sa Raspberry Pi à jour sans Internet... Autant d’activités qui permettent de s’amuser et se divertir... et donc de jouer !

Sans plus attendre, je vous laisse découvrir tout cela par vous-même dans les pages qui suivent et vous souhaite, ce faisant, d’excellentes parties !

Denis Bodor

Découvrez et utilisez la... Caméra Raspberry Pi !

· Configurez la caméra et votre Pi
· Capturez des images fixes
· Streamez la vidéo
· Créez des time-lapses
· Exploitez les fonctions de vision nocturne (IR)

Période : Juillet - Août 2016

SOMMAIRE :

Actualités :

p. 04 Retour sur la Maker Faire Paris 2016 : ça mature
p. 10 Raspberry Pi 3 : la petite nouvelle Pi pleine de ressources

Ardu'n'co :

p. 18 Utilisez des modules radio APC220 pour faire communiquer votre Arduino

En couverture :

p. 32 Installez et utilisez le module caméra V2 avec votre Raspberry Pi
p. 50 Module caméra Raspberry Pi : un mot sur l'infrarouge

Embarqué & informatique :

p. 64 Utilisez une imprimante thermique avec votre Raspberry Pi

Démontage, hacks & récup :

p. 74 Convertissez une réglette lumineuse en afficheur multicolore

Repère & science :

p. 86 Apprenez à déchiffrer une datasheet

PRéFACE :

Quelque chose ne tourne pas rond...

Alors même que le projet de loi américain sur le droit à obtenir des informations techniques concernant la réparation des équipements électroniques (le Fair Repair Act ou Right to Repair bill) est sur le point de passer à la trappe (après un an d’enlisement), de mon côté je me penche sur le Sony Xperia Z de ma fille, dont l’écran a subi une déplorable et destructrice rencontre avec le manche d’une masse (oui, oui).

L’achat de la pièce de remplacement, toute la façade avant du smartphone avec écran et une partie de la connectique, n’était pas un problème pour peu que l’on sache identifier le modèle avec exactitude. Ce qui l’était en revanche est la réparation à proprement dite, s’étalant sur deux bonnes heures. La raison ? Une absence d’informations fiables et surtout... de la colle partout.

En effet, tout est littéralement collé à l’adhésif double face dans l’équipement : la coque, l’écran, les câbles, l’accu, les caches... Il n’y a que 4 malheureuses vis dans le smartphone et le risque d’endommager le matériel en tentant une réparation est très important, même en étant très minutieux et bien équipé (pistolet à air chaud, outils de précision, ventouse, etc.).

Peut-être ne l’avez-vous pas remarqué, mais cela fait quelque temps déjà que les fabricants de smartphones ou d’ordinateurs portables semblent utiliser différentes techniques limitant les tentatives de réparation : batterie dans l’équipement et non amovible, utilisation de colles, de résines, vis non standards, connecteurs soudés... À croire qu’ils préféreraient que vous achetiez un nouvel appareil plutôt que de le réparer ou le faire réparer par quelqu’un (sic).

Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi et les plus vieux s’en souviennent. Fut un temps un ordinateur ou même n’importe quel équipement était accompagné d’une notice incluant le schéma de fonctionnement, un exposé du produit, la liste des pièces détachées et une procédure d’analyse de problèmes et de réparation (ceci existe encore, tantôt, pour les équipements d’atelier type perceuse à colonne).

Certes, cela augmenterait le coût de production des produits, mais entre ces deux extrêmes il faut une juste mesure. Lorsqu’on achète un produit, en principe, il nous appartient et nous devons donc être en mesure de pouvoir y faire des modifications et des réparations sans avoir à subir de restrictions ou de blocages. Je regrette amèrement l’achat de ce smartphone presque irréparable malgré un dénouement heureux après beaucoup d’efforts et de patience.

Je pensais craquer prochainement pour un CAT S60 avec caméra thermique FLIR intégrée, mais la mention « Lithium Ion, non amovible, 3800mAh » va, je pense, me faire passer mon tour et rester avec mon Samsung E1200 à 14,90€. Désolé les gars, acheter un téléphone endurci à 650€ intégrant un élément difficilement remplaçable dont le vieillissement est connu, prévu et avéré ne m’intéresse pas vraiment...

Denis Bodor

Time-lapses, déclenchements par capteur de mouvements, annotation d’images...

Pilotez votre APPAREIL PHOTO avec votre RASPBERRY PI !

Canon, Nikon, Panasonic, Sony... Reflex, hybride, compact, bridge... plus de 1800 modèles supportés


SOMMAIRE :

Actualités

p. 04 Tizen, l'autre plateforme mobile open source...

Equipement

p. 14 Le C.H.I.P : le tueur de framboises ?

Ardu'n'co

p. 26 Un affichage sur papier électronique pour votre Arduino

p. 38 Créez un moniteur de température et d'hygrométrie

En couverture

p. 50 Contrôlez votre appareil photo numérique avec votre Pi
p. 62 Manipuler et traiter automatiquement vos photos sur Raspberry Pi

p. 78 Prenez des clichés automatiquement en cas de détection de mouvement

Embarqué & informatique

p. 86 Votre Raspberry Pi en pont Wifi/Ethernet

Tensions & courants

p. 94 Intégrer l'Arduino dans une réglette lumineuse : attention à l'alimentation !

EDITO :

Attrapez-les tous !

À moins de vivre dans une grotte et totalement déconnecté du monde, vous avez sans doute du observer des comportements étranges autour de vous : des utilisateurs de smartphones l’œil rivé sur l’écran semblant errer, perdus, avant de subitement changer de direction ou se précipiter quelques dizaines de mètres plus loin, parfois en témoignant de façon vive et bruyante une certaine excitation. Ne vous inquiétez pas, c’est normal, ce syndrome s’appelle Pokemon Go...

Je ne suis pas fan de Pokemon, mais il y a dans ce phénomène, ou cette mode, quelque chose qui m’a attiré : la possibilité d’utiliser ce système pour des projets et des montages amusants. Nous avons là une sorte de système de géocaching virtuel utilisant une masse de données impressionnante, et ce avec un aspect interactif intéressant. Bref, un terreau propice à la bidouille. Seulement voilà, la société éditrice du jeu, Niantic, ne semble pas apprécier du tout qu’on joue avec ses jeux d’une autre manière que celle initialement prévue (même si c’est bien plus drôle que d’attraper des créatures trimbalant un poireau). Ainsi, bien qu’il soit techniquement possible de se construire, par exemple, un détecteur de Pokemon à base de Raspberry Pi, ceci est totalement contraire aux conditions d’utilisation (TOS) et peut vous valoir une suspension de votre compte utilisateur, sinon pire encore. Nous avons donc une communauté de développeurs « rebelles », essayant par tous les moyens de créer une interface de programmation (une API) ou d’utiliser celle, non publique, déjà existante et, en face, un éditeur essayant, par tous les moyens aussi, de restreindre son utilisation, voire de sanctionner ceux qui s’en servent. Personnellement, je vois cela comme un beau gâchis de temps, d’énergie, d’efforts et de ressources... Bien entendu, on peut parfaitement comprendre que l’objectif poursuivi est tout simplement d’empêcher les joueurs de tricher, mais dans ce cas, pourquoi ne pas disposer d’une API interne réservée au jeu et en proposer une autre, publique, fournissant simplement des informations basiques, accessibles après enregistrement ? Après tout, c’est ce que font déjà d’autres sociétés et en particulier Google, Twitter et Facebook pour leurs services...

Je crois que des choses m’échapperont toujours concernant les choix et la politique de certains acteurs du monde super-connecté dans lequel nous vivons. L’ouverture, la standardisation et la proximité avec les développeurs/hackers les plus inventifs sont autant de principes qui ont, pourtant, déjà fait leurs preuves à maintes reprises...

Devant un tel manque d’ouverture, la réaction la plus intelligente est donc de laisser les ténèbres, l’obstination et l’obscurantisme là où ils sont et passer paisiblement son chemin... (en pestant)

Denis Bodor

Modules Bluetooth :

Contrôlez votre Arduino depuis votre smartphone

     - Connectez et configurez vos modules Bluetooth

     - Pilotez votre éclairage multicolore

     - Activez/désactivez n'importe quel matériel avec des relais


SOMMAIRE :

Equipement

p. 04 Contrôlez votre alimentation de laboratoire avec votre Raspberry Pi

Ardu'n'co

p. 18 Créez un enregistreur autonome de température, d'humidité et de pression

p. 32 Créez une lanterne qui réagit au toucher

En couverture

p. 44 Connectez votre Arduino en Bluetooth : configuration du module

p. 56 Bluetooth : pilotez votre Arduino avec votre smartphone

Embarqué & informatique

p. 66 Connectez un module LCD à votre Raspberry Pi pour afficher son adresse réseau

Repères & Sciences

p. 74 Partagez vos projets et vos créations sur GitHub

Tensions & courants

p. 90 Vos projets Arduino et Raspberry Pi sur une batterie externe pour smartphone. Pas si simple...

EDITO :

     Y’a des jours comme ça...

     Hé oui, tous les jours ne se valent pas. Il y a les jours où tout fonctionne à la perfection, les projets aboutissent, des bibliothèques absconses deviennent limpides, son pull request (cf. article sur Git et GitHub) est accepté par les développeurs d’un raytracer mythique avec plus de 25 ans d’histoire (POV-Ray) et son code C « maison » permettant d’émettre avec un HackRF One qui refusait obstinément de fonctionner, fait des merveilles suite à une sorte d’illumination/révélation trigonométrique. Et puis il y a les autres jours...

     Comme celui où l’on apprend que Texas Instruments lance une carte destinée à l’éducation, se branchant directement sur trois modèles de calculatrices de la marque (TI-83, TI84 et Nspire). Le TI-Innovator Hub semble très amusant et permet effectivement de contrôler toutes sortes de sorties et de capteurs directement depuis des programmes écrits sur la calculatrice.

     Plein d’entrain on se heurte à une première déception en apprenant que la calculatrice TI-84 Plus CE (celle qui attisait ma convoitise) n’existe apparemment pas sur le marché français (on passe étrangement de la TI-83 à la TI-89 sur le site). Dommage, car j’avais déjà récupéré un compilateur C fort sympathique et l’idée d’animer un processeur Z80, héritier d’une lignée presque aussi vieille que moi, me rendait déjà tout chose...

     Allez, ce n’est pas grave, il me reste l’option de la TI-Nspire CX. Exit du Z80, un ARM c’est pas mal non plus côté histoire tout en permettant une programmation en Basic (beurk), en Lua, ainsi qu’en C/C++ et même en assembleur ARM... à condition d’installer un « jailbreak » appelé Ndless ?!? Tiens, c’est nouveau, je ne savais pas que les calculatrices aussi étaient devenues des horreurs où l’utilisateur, qui a pourtant acheté tout à fait légitimement le matériel et donc en principe obtenu le droit de l’utiliser comme bon lui semble, doit « pirater » son achat pour en jouir pleinement. Très bien, je prends note, et classe les calculatrices dans la même catégorie que les iPhone à jailbreaker et les smartphones Android à rooter... Déprimant...

     À ce stade bien que ma motivation soit déjà largement entamée, je poursuis néanmoins mes investigations. Ce TI-Innovator Hub repose sur le microcontrôleur MSP432 et ressemble fortement au Ti Launchpad MSP432 (récemment passé du noir au rouge). Ça tombe bien, le TI-Innovator est introuvable à la vente et j’ai déjà un Launchpad MSP432. Il me suffit donc de pointer mon navigateur sur l’endroit où Texas met à disposition les sources du code à placer dans la carte et... Tiens, je ne trouve pas de firmware pour ce matériel, même déjà compilé, c’est étrange.

     Insistons...

     Après quelques longues minutes de recherches et grâce aux informations collectées par les passionnés de TIplanet (https://tiplanet.org/forum/), voici que je tombe sur https://education.ti.com/ide/stem/. Chic alors, je vais pouvoir enregistrer dans mon Launchpad le firmware de... Comment ça je dois installer une extension dans mon navigateur web ? Une extension qui peut communiquer avec les sites Ti et des applications natives de mon système ? Certainement pas ! Et je devrais installer sur mon système le TI Cloud Agent Application qu’on me propose de télécharger sous la forme d’un programme compilé ! Qui en plus est en 64 bits alors que ma présente machine est en configuration 32 bits ?!

     Non, non, messieurs. Je n’installe pas de programme dont je ne suis pas sûr du comportement, ni même d’extensions et je ne vais certainement pas m’amuser (sic) à me lancer maintenant dans une migration 32/64 bits, tout ça parce que vous n’êtes pas fichu de mettre quelque part une pauvre archive avec les sources d’un firmware qui ne contient certainement pas de secrets industriels que la diabolique concurrence risque de vous dérober. D’autant que l’idée initiale consistant à brancher une carte pédagogique à une calculatrice Ti a été implémenté il y a fort longtemps par Christopher Mitchell et sa bibliothèque ArTICL, fonctionnant sur Arduino ET MSP432, disponible sur GitHub sous licence BSD ! Entre nous, cela ne m’étonnerait qu’à moitié de trouver des morceaux de ArTICL dans le firmware du TI-Innovator Hub, la licence BSD le permettant sans le moindre problème légal.

     C’est précisément à ce stade que, écœuré, je décide de jeter l’éponge. Et dire que j’étais prêt à acheter une calculatrice à    presque 150€ alors que ma Casio fx8500g de 1991 marche encore très bien...

      Au final, la question n’est pas de savoir à quoi joue Ti, si le marché de l’éducation nécessite des politiques particulières ou si ce fameux firmware est disponible ou non sous une forme acceptable et bidouillable, caché au fin fond d’un serveur demandant une inscription. Non, la vraie question consiste à se demander pourquoi diable quelque chose qui est destiné à être un support ou un accessoire pédagogique ne mérite pas l’adoption d’un comportement plus favorable à ceux qui sont les plus demandeurs de connaissances et de savoir : vous, moi, nous, les élèves, les professeurs, les parents...

     Il y a là quelque chose de totalement paradoxal, voire de foncièrement malsain. L’apprentissage à un domaine est, à mon sens, aussi et surtout l’assurance qu’on pourra explorer et exploiter ce même domaine autant qu’on le désire, sans autre restriction que sa propre volonté d’apprendre et sa capacité à assimiler les concepts nouveaux. En d’autres termes, on est naturellement plus enclin à apprendre à correctement choisir des citrons, dès lors qu’on sait qu’on pourra à terme les presser jusqu’à la dernière goutte, et non simplement admirer leurs belles nuances de jaunes et de verts.

     Alors bien sûr, tous les élèves ne vont pas, loin de là, passer du stade « j’allume une led avec ma calculatrice avec la ligne de code qu’on me dit de taper » à « je vais réécrire tout le support, les pilotes et le firmware pour maîtriser la chaîne complète ». Mais, et c’est un énorme « mais », je pense qu’il est capital d’avoir le sentiment, sinon l’assurance, dès le départ de pouvoir le faire si on le désire.

     La pédagogie se résume à un ensemble de méthodes et pratiques visant à transmettre une connaissance, un savoir ou un savoir-faire, et ceci implique le fait d’avoir des perspectives et des libertés. Si, en revanche, il s’agit d’inculquer des pratiques devant être reproduites dans un contexte borné et avec une séquence prédéfinie, ceci s’appelle de la programmation ou, dans le cas d’un être vivant, du dressage.

     Le passage de l’un à l’autre tient en peu de choses, mais favoriser un cadre spécifique par rapport à une liberté d’exploration individuelle est sans le moindre doute ce qui fait la différence entre enseignement et dressage. Le simple fait de rendre difficile l’accès à la technologie sous-jacente d’un équipement comme le TI-Innovator Hub sous la forme d’outils adaptés et de sources pour le firmware est quelque chose de parfaitement déplorable et contre-productif.

     Même si les informations ne sont peut-être pas réellement sciemment dissimulées, mais simplement éparpillées et rendues, de ce fait, difficiles à collecter, cela forme une barrière qu’il est bien trop facile de considérer comme insurmontable. Même pour moi, qui suis généralement prompt à être motivé par la technologie, par passion, et non un élève de lycée ayant généralement d’autres divertissements, ceci est tout bonnement pesant. Dans l’état, il me semble bien que ce TI-Innovator Hub n’est qu’une boîte noire qui est bien loin de pouvoir faire fantasmer la prochaine génération d’ingénieurs, de programmeurs et d’électroniciens. C’est triste. Dommage et triste...

     Mais il serait regrettable de conclure cet édito sur une aussi déplorable constatation, aussi je profite de l'espace qu’il reste (comment ? On me dit à l'infographie qu'il ne reste pas de place ? Mais si voyons, il suffit de réduire la taille de la police), pour vous annoncer que le premier hors-série du magazine, paru cet été, revient chez votre marchand de journaux à partir du 1er décembre. Voici donc une seconde occasion de mettre la main dessus si vous ou quelqu'un de votre entourage souhaite être initié au monde de l'Arduino et de la programmation (la vraie, en C/C++). Il pourra être, par exemple, glissé discrètement sous le sapin accompagné d'une ou deux cartes et de quelques composants pour passer un réveillon tout clignotant en famille, en découvrant une plateforme ouverte offrant des perspectives vraiment illimitées ;)

                                                                                                                                                            Denis Bodor

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