Avril / Avril 2018

GNU/Linux Magazine 214

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sommaire

Actus & Humeur

p. 06 Quand NE PAS automatiser les tests logiciels ?
p. 10 Stockage persistant dans Kubernetes avec Rook

IA, Robotique & Science

p. 18 Primalité et cryptographie
p. 26 L’algèbre de Boole

Système & Réseau

p. 36 L’auto-hébergement léger de dépôts git avec Gitolite
p. 44 Répliquer sa base de données MariaDB en temps réel

IoT & Embarqué

p. 52 Créez et pilotez votre périphérique matériel sous Linux embarqué
p. 68 Correction d’erreurs par piégeage dans le système RDS

Hack & Bidouille

p. 74 Les dépendances entre paquets sous Slackware
p. 80 Un Python toujours à jour

Libs & Modules

p. 86 Faites vos jeux avec Pharo

Mobile & Web

p. 92 Utilisation de GStreamer 1.0 dans une application Android

édito

Les services administratifs en ligne représentent une avancée majeure pour le citoyen qui n’a plus à se déplacer, à attendre pendant des heures à un guichet pour obtenir une carte d’identité (CNI), une carte grise, etc. De plus, la dématérialisation nous fait économiser les précieuses ressources de la planète : plus besoin de remplir une déclaration papier sur un formulaire Cerfa n°xxxx*xx, tout se fait en ligne !

Fort de toutes ces considérations et devant faire réaliser une carte d’identité pour mon fils, je me lance donc sur service-public.fr  qui me renvoie sur le site de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés). On me demande de compléter un formulaire contenant les informations nécessaires à l’ouverture du dossier. Normal. Je valide le dossier et là, quelque chose d’étrange se produit : je reçois un mail contenant un QR-Code et m’indiquant que je peux enregistrer (ou si je le désire imprimer) la prédemande, et que je dois me rendre à la mairie en accompagnant mon dossier des pièces justificatives nécessaires. Décodons : je viens de remplir un dossier qui permettra à la personne chargée de réceptionner le dossier de ne pas faire de faute(s) lors de la saisie (c’est du vécu) et qui lui fera économiser du temps. En attendant, moi, du temps, je n’en ai pas économisé puisque je dois déposer le dossier à la mairie. Et puis pour l’économie de papier, effectivement l’État n’aura pas à assumer le coût d’impression du Cerfa puisque c’est moi qui l’ai imprimé, bien conscient que lors du dépôt il y aura 9 chances sur 10 pour que le scanner de QR-Code ne fonctionne pas. De toute façon, pour la planète le bilan sera le même, vu qu’il faut coller la photo d’identité et signer sur la feuille… donc il faut nécessairement du papier… Bref, ne râlons pas trop, la procédure est semi-automatisée, le véritable gain de temps apparaîtra sans doute avec les pièces justificatives dont la liste m'est communiquée via un lien dans le mail d'accusé de réception.

J’ouvre donc le lien m’indiquant quelles sont les pièces à fournir… mais bien sûr c’est un lien générique. Je viens de faire ma demande, le système sait que c’est un dossier pour une carte d’identité ! Mais non, il faut répondre à un formulaire pour avoir accès à l’information ! Je réponds donc et on m’indique qu’il va me falloir notamment :

  • un timbre fiscal : pratique, un site permet de l’acheter en ligne. Après navigation et réponse à de multiples questions, on ne me propose qu'un seul choix : renouvellement d’une CNI en cas de perte ou de vol… Donc encore un truc qui ne sert à rien…
  • des photocopies de la pièce d’identité d’un parent et du justificatif de domicile. On aurait pu les scanner, les transmettre et présenter les originaux… mais non.
  • un acte de naissance de moins de 3 mois. Là c’est intéressant parce qu’on peut en faire la demande sur Internet : il y a un service en ligne pour ça ! On va donc pouvoir remplir à nouveau un formulaire comportant au moins 50% des informations déjà saisies lors de la création du dossier de demande de CNI. Ça aurait été trop simple de tout faire dans la foulée en conservant les données déjà fournies…

La migration du papier au numérique a été visiblement pensée petit morceau par petit morceau, sans vision globale du service à fournir et il en résulte un « machin », un patchwork composé de plusieurs briques logicielles sans lien les unes avec les autres, mais formant extérieurement un tout. Lorsqu’un système est lourd et qu’on le retranscrit tel quel en système informatique, sans concertation, sans planification, il est bancal. Au lieu de profiter du passage au numérique pour dépoussiérer un système complexe, on propose un service inachevé qui, dans l'opinion publique, renverra encore la faute sur « l'informatique » et « les informaticiens » en oubliant que le code n'est pas tout, qu'avant lui il y a de la pensée, de la réflexion et que c'est souvent là que le bât blesse.

Allez, reprenons un peu espoir ! Respirez un bon coup et lisez votre GNU/Linux Magazine  tout neuf !


Tristan Colombo

Le magazine de référence technique pour les développeurs sur systèmes open source et les ingénieurs R&D !

GNU/Linux Magazine s'adresse aux professionnels et aux particuliers désireux de mieux maîtriser les techniques et problématiques liées à la programmation et à l’utilisation de solutions open source. Tous les deux mois avec ses articles techniques, la publication couvre les thématiques suivantes : programmation système, algo, bas niveau, sécurité du code, développement web...

Embarquez un peu de Lua dans vos projets C
GNU/Linux Magazine n°269

Soyons clairs, je ne suis pas fan de Lua en tant que langage de programmation. Le simple fait que les tableaux débutent à l'indice 1 me perturbe totalement et constitue pour moi une véritable aberration. Mais, d'un autre côté, Lua est aussi le langage par excellence lorsqu'il s'agit d'embarquer des fonctionnalités de scripting au sein d'une application ou d'un outil. Du moins, c'est ce que tend à montrer sa popularité dans ce domaine et, si l'on n’a jamais tenté l'expérience, on peut se demander pourquoi. La réponse est évidente après quelques lignes de code et on se surprend soi-même à dire, à haute voix qui plus est, « Ah ! Mais c'est excellent, en fait ! ».

Les « tourments de la monopile », ou le « Single-Stack Syndrome »
GNU/Linux Magazine n°269

Si vous croyez que le format ASCIIZ (aussi appelé « chaîne de caractères à terminateur nul » à la base du langage C et d’UNIX) est le pire péché originel de l’informatique, accrochez-vous. Il est amplifié par un autre péché bien plus grave, commis au nom du minimalisme, excusé au nom de la compatibilité et perpétué par l’oubli des alternatives. Si vous avez lu l’article de mars 2023 [1] jusqu’au bout, vous avez probablement compris que la plupart des langages de programmation actuels n’utilisent qu’une seule pile. C’est la source de nombreux problèmes (de sûreté, de sécurité, de complexité et bien d’autres) aux origines de failles variées (représentant peut-être un cinquième des CVE) que nous sommes habitués à mitiger, sans les résoudre vraiment. Dans cette première partie lovecraftienne, nous irons jusqu’au fond de l’impasse pour démontrer l’absurdité, les difficultés et les dangers imposés par ce système.

Mettre en place un programme de Security Champions
GNU/Linux Magazine n°269

Selon Sonatype, depuis décembre 2021, 29 % des téléchargements de Log4J le sont sur des versions vulnérables à Log4Shell. Cette statistique démontre l’importance pour les entreprises de renforcer la prise en compte de la sécurité dans les équipes de développement. Comment la mise en place d’un programme de security champions peut-elle améliorer l’intégration de la sécurité au plus tôt dans les projets ?

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